HS #02 – Conseil lecture sur les auteurs/autrices jeunesses #01

Bonjour à vous ! Et bienvenue sur ce conseil lecture sur les auteurs/autrices de jeunesse ! Ici tous les médias seront confondus : romans, bds, contes… Et de tous temps confondus ! Accrochez vous, c’est parti !

  • Michael Ende

Auteur allemand connu pour L’Histoire sans Fin ou encore Momo, il est malheureusement décédé en 1995 d’un cancer à l’estomac. Je vous recommande de suivre cette biographie si vous êtes à l’aise en anglais, vous découvrirai par exemple qu’il se destinait au théâtre et non à la littérature jeunesse. Je vous recommande L’Histoire sans Fin, où un jeune garçon vole un livre et tombe sur une histoire de monde en ruine.

  • Yllya

Autrice de bd et illustratice française qui a fait en collaboration Marie Lune et Isaline, elle fait un superbe travail graphique sur les personnages, les décors, etc… Vous pouvez retrouver ses travaux ici. Chaque bd est drôle, émouvante, enrichissante… Je vous recommande chaudement Isaline, une jeune adolescente qui est d’une famille de sorcières.

  • Tetsuko Kuroyanagi

Connue principalement pour son émission Le Salon de Tetsuko, elle a aussi réalisé une œuvre autobiographique appelée Totto-chan, la petite fille à la fenêtre. Parlant de ses échecs dans les écoles traditionnelles, c’est grâce à l’école Tomoe qu’elle réussit à sortir des sentiers battus. Malheureusement cette école n’existe plus à cause de la deuxième guerre mondiale. Je vous recommande de le lire au moins une fois, il reste accessible aux adolescents de douze ans.

  • Erik L’homme

Connu pour son Livre des étoiles, cet auteur n’a pas toujours été dans la littérature jeunesse. Son premier livre fut consacré au Pakistan. Cependant, il est actuellement reconnu en tant qu’auteur de littérature jeunesse de nos jours, et continue d’écrire avec Terre-Dragon. Je recommande son roman le plus célèbre Le livre des étoiles pour démarrer sa connaissance.

  • Pierre Gripari

Ah, cet homme mort dans les années 90 est particulier : ayant dû abandonner le lycée pour gagner sa vie, il décide de vivre de sa plume et dans la pauvreté. Même s’il tend vers l’extrême droite et critique les monothéistes (surtout le judaïsme), il ne s’engage dans aucun mouvement et vit sa vie pépère sans réellement gêner personne. Il est connu dans la jeunesse pour Les contes de la rue Broca. Il aborde des thèmes comme l’histoire du XX ème siècle, l’homosexualité et le refus des parties totalitaires. Ne lire ses contes que si vous n’êtes pas gêné du bonhomme.

  • Gudule

De son vrai nom Anne Liger-Belair, cette dame est reconnue dans la littérature jeunesse ! D’origine belge, cette femme n’hésite pas à aborder des thèmes sensibles dans ses récits. D’ailleurs, elle a eut une fille, Mélaka, qui est dessinatrice de bande dessinée et qui a publié une bd biographique sur les anecdotes de sa mère. En effet cette dame qu’était Gudule s’est éteinte en mai 2015. Je vous recommande La Bibliothécaire, très connu et idéal pour les enfants amoureux du français.

  • William Nicholson

Avant tout scénariste, ce n’est que tardivement que cet homme s’est mis à l’écriture de littérature jeunesse. Il est connu pour avoir publié la trilogie Le Vent de Feu, qui lui valut de nombreux prix. Actuellement il vit dans le Sussex avec sa femme et ses trois enfants. Le Vent de Feu raconte les aventures cruelles de Kestrel, où se passe classisme, discrimination, dépravation, tout en restant accessible aux enfants à partir de onze ans. Je vous le recommande !

  • Konami Kanata

Cette dame est une mangaka connue au Japon pour Chi’s sweet home. Elle est reconnue pour raconter des histoires de chats déjà auparavant, mais l’histoire de Chi connaît un succès phénoménale et est même adapté en anime. Les histoires sont drôles et attachantes, et suffisamment compréhensible pour les plus jeunes. C’est entre autre ce qui a lancé l’édition de mangas pour les tous jeunes, les parents pouvant ainsi partager leur passion avec leur bambin. Chi’s sweet home est un bon début pour les plus jeunes.

  • Tove Jansson

Une dessinatrice de bande dessinée finlandaise célèbre pour Les Moomins, cette dame avait un caractère bien trempé dès qu’elle fut dans une école d’art ! En effet, à l’époque, c’était exclusivement les hommes qui avaient le droit de faire des études supérieures. La femme, elle, devait s’occuper de la vie de famille. Tove Jansson, elle, a déclaré son dégoût pour cette idéologie de l’époque, et déclarait qu’elle préférait être célibataire que d’être mariée. Mais ce qui est le plus notable c’est qu’elle a réussit à percer dans bien des domaines, tant dans la littérature jeunesse que dans la peinture. Je vous recommande les romans jeunesse et la bande dessinée des Moomins.

  • S.G. Baud’huin

Une autre autrice belge, vivante cette fois ci, et qui débute dans la littérature. J’ai connu sa saga jeunesse Imagination lors d’un festival en Belgique, et autant dire que c’était une agréable surprise ! D’un style fluide et passionnant, le premier tome raconte l’histoire de Alexine, Ambre et Arthur, qui viennent de perdre leur père. Ils sont projetés dans un autre monde, où l’imagination sert de magie. Je vous le recommande !

Voilà, c’est la fin du conseil de lecture, j’espère que ça vous a plu. J’en referais d’autres à l’occasion, et même des contre conseils si ça vous intéresse. En attendant je vous dis à une prochaine fois !

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HS #01 – Histoire de la littérature jeunesse en occident

Nous allons aborder un thème assez important aujourd’hui, nous allons parler de la littérature jeunesse, mais dans l’histoire.

Et un problème de taille se pose : quand déterminer la littérature jeunesse?Faut-il le situer en 1658, avec le Orbitus Sensalium Pictus de Comenius, le premier livre d’images destiné aux enfants ? Faut il plutôt le situer au Moyen-Âge, avec abécédaire visant à l’éducation des jeunes bambins ? Ou alors après 1845, quand enfin il y a les premiers romans pour la jeunesse ?

Extrait de Orbitus sensalium pictus

Je vais partir du plus anciens pour vous expliquer le problème.

Avant 1845, il n’y a pas véritablement de littérature jeunesse, les enfants devaient se contenter de littérature adulte, qui deviendront par procuration de la littérature jeunesse au XIX ème siècle. Avant, la religion chrétienne était bien présente, et elle ne cachait pas son ambition d’enseigner sa foi aux jeunes par des abécédaires de foi religieuse et morale. L’ouvrage de Comenius reste une rare exception à la règle, ouvrant ainsi la porte aux livres d’images et aux jeux.

Mais pas de romans jeunesses.

Vers le XIX ème siècle, c’est la révolution industrielle : les inventions foisonnent, les chemins de fer se créent, c’est un grand bouleversement. Et les premières maisons d’éditions se créent, avec bien sûr celles pour la jeunesse. Hachette en est une preuve flagrante, passant de magasin spécialisé pour les livres d’éducations à grande édition pour la jeunesse. Il passera de collections (La Bibliothèque Rose) en revue (Magasin d’éducation et de récréation). C’est un âge d’or qui s’achève en 1890, où l’on passe de réédition en réédition.

Couverture d’un roman de la Bibliothèque rose

Mais heureusement ça ne s’arrête pas là.

Hélas pas en bien, car lors de la Grande Guerre, s’accumulent des ouvrages de patriotismes et d’héroïsme. Cependant, dès les années trente s’accentue les ouvrages pour le merveilleux, ouvrant la voie à de nouvelles réappropriations dans les ouvrages pour adultes, en particulier dans la fantasy et la science fiction.

Il faudra attendre les années 70 pour avoir une nouvelle mutation : à présent, l’éducation de l’enfant doit rimer avec « plaisir de lire » et d’accroître son imaginaire.

L’aspect psychologique doit y être traité aussi, là où un voyage gratuit s’annonçait avant les années 70. De plus, s’ajoute des traits réalistes des années 50, pour apporter plus de profondeur aux récits de l’enfant, même s’ils deviennent pessimistes dans les années 70.

De la violence en veux tu en voilà, les récits sont grinçants et d’un pessimisme à la rigueur de la crise.

De nos jours, la littérature jeunesse doit traiter des problèmes de sociétés, afin que l’enfant s’engage plus dans la vie réelle. Cependant, il est à noter qu’un nouveau genre fait son apparition : le young adult. Visant les jeunes adultes pas encore sortis de l’adolescence, ils se réfèrent à des récits d’amours et de violences sociétales, renouvelant ainsi la SF et la fantasy dans sa gamme.

L’explosion du young adult apporte son lot de livres plus ou moins bon

Voilà, vous connaissez à présent l’évolution de la littérature jeunesse à présent, pour moi il est temps de vous quitter pour me plonger dans de nouvelles lectures. Je vous dis plusch !

ALJ #04 – A la croisée des mondes

Couverture du premier tome de A la croisée des mondes

Il va être temps de parler de cette trilogie qui a fait fureur à la fin des années 90 et au début des années 2000, je veux bien sûr parler de A la croisée des mondes.

Cette saga en trois tomes de Philip Pullman raconte avant tout l’histoire de Lyra, avec son Daemon qui est une sorte d’alter ego animalier dont on ne peut se séparer dans son monde. Autant ceux des enfants changent constamment de formes, autant ils prennent leur apparence définitive une fois adulte. Elle rencontrera Will dans ses aventures, un garçon de notre monde et époque. Ensemble, ils voyageront de monde en monde.

C’est un peu à ce moment là que les mondes parallèles commencent à devenir populaire. Même s’il n’a pas eu le même succès qu’une collègue, Pullman reste content du succès qu’il a connu.

Il est dit que le Daemon représente la sexualité de l’enfant, mais pour moi c’est beaucoup plus profond que cela : cela représente son identité. Oui bon, l’aspect animalier du Daemon peut représenter le futur désir de pro-créer, mais je pense sincèrement que l’on peut se pencher sur la personnalité plutôt. En effet, sans son caractère, on n’existe pas (mort) ou on est très effacé (zombie). Et tout cela peut être dû à un traumatisme.

De plus, c’est à l’âge adulte qu’on s’affirme, qu’on affirme tout, même la sexualité.

Illustration de John Howe, représentant le royaume des Morts

Ce qui est important dans cette histoire aussi, c’est la religion. On ne peut nier l’Eglise, les Anges, etc, qui sont très présent dans cette trilogie. Pourtant, l’aspect athéisme n’est là que pour montrer la folie d’une religion ou d’une secte. Elle pousse à éviter le péché, et donc d’avoir une sexualité ou une personnalité. Il faut juste suivre les préceptes, point. Et c’est là que Pullman montre l’importance de ne pas les suivre à la règle, car sinon on perd une chose essentiel à nous même : la liberté.

Bon, évidemment quand le film dessus est sorti il y a eut des ravages du côté religieux : genre il faudrait pas le lire comme pour Harry Potter. Pourtant, la volonté de Pullman est de raconter une histoire et non de véhiculer un message anti-chrétien.

Maintenant, parlons du genre : est-ce de la fantasy ou de la science-fiction ? Pour Pullman, ce n’est clairement pas de la fantasy malgré toutes les allures qu’elle a, donc nous allons partir sur de la science-fantasy : les personnages évoluent dans de la science sous diverses formes selon les époques. Et bien évidemment ça ne plaît pas à tout le monde, surtout l’Eglise. Au point qu’elle domine sur la science pour la contrôler. Et même, la science n’est pas forcément bien non plus, et je vous laisse voir ça au tome 3.

Enfin, on pourrait parler longtemps dessus, mais je pense avoir donner les clés pour donner l’envie de le lire (si vous n’êtes pas croyants).

Et voilà la fin de l’article, n’hésitez pas à commentez pour dire ce que vous en avez penser, moi je vous laisse et vous dis plusch !

Image du film A la croisée des mondes : La boussole d’or

ALJ #03 – Alice au pays des merveilles

Il faut que je vous parle de ce conte qui a fait le tour du monde entier avec cette petite fille qui découvre un pays de gens aux pensées loufoques, je parle bien sûr d’Alice au pays des merveilles.

Qui ne connaît pas ce conte de Lewis Carroll, inventé pour une petite fille du même prénom ? Que vous l’ayez connu par film ou par livre, c’est devenu un incontournable de l’imaginaire collectif. Pourtant l’écrivain ne le considère pas comme une œuvre majeure de sa vie, lui qui est avant tout mathématicien et qui rédige des thèses dans son domaine.

Comme quoi, le hasard fait bien des choses.

Mais que retenir exactement du conte ? Tout d’abord, il faut rappeler qu’il s’agit d’un livre collectif, où les jeunes filles de Monsieur Liddell sont intervenus oralement sur le conte, avant d’être mis à l’écrit par le professeur. Ensuite, il y a la confrontation entre la logique d’Alice et la folie du monde qui l’entoure. Je me demande si ce n’est pas une métaphore pour dire que la société dans laquelle on vit n’a pas de logique et suit les mots qu’elle préfère au lieu de se résoudre à la logique…

Personnellement je l’interprète comme ça, mais vous êtes libre de ne pas être d’accord.

Illustration de John Tenniel

Par contre, je ne parlerai pas de la supposé pédophilie de cet auteur à cause de clichés sous entendus. Si l’auteur avait voulu qu’Alice soit un objet désirable, il l’aurait tourné autrement, comme c’est expliqué dans Le Maître des livres. Alice est représenté comme une petite fille intelligente et non comme une petite fille mignonne sans cervelle. Elle est exaspéré par le monde où elle a atterit, qui est un peu la société représentée par ses personnages ridicules. Cependant, elle ne se laisse pas faire et essaye de résoudre les problèmes qui n’aboutissent jamais à une réponse.

C’est la logique mathématicienne contre la folie du monde.

Cependant, il faut rappeler que tout part du hasard du récit, qu’il n’y a pas de logique scénaristique, juste l’imagination débordante du professeur et des jeunes filles. Je n’ai fait qu’interprêter, et non pas dire la vérité. Vous êtes libre de lire les autres analyses du conte et de l’auteur.

Oui, je reste pragmatique sur ma manière d’analyser.

La dernière chose que je dirais sur ce conte est la suivante : l’imagination est une chose vraiment fantastique en matière d’improvisation, et les livres telle qu’Alice au pays des merveilles est la preuve que l’on peut construire de tout à partir de n’importe quoi.

Illustration de John Tenniel

Coup de coeur #01 – Chronique du monde émergé

Les trois tomes de « Chronique du monde émergé » par Licia Troisi

Aujourd’hui, on met de côté l’analyse pour parler l’un de mes coups de cœur du moment, je veux vous parler de Chroniques du monde émergé de Licia Troisi.

L’histoire parle de celle de Nihal, une jeune demi-elfe aux yeux violets et aux cheveux bleus, qui vit paisiblement en jouant à la guerre, jusqu’au jour où Sennar, un jeune apprenti magicien, la bat en duel et gagne sa dague. Elle décide d’apprendre quelques bases de la magie avec Sennar et l’érudite Soana, sœur de son père adoptif. Mais un jour le Tyran vient saccager son lieu d’enfance et l’oblige à fuir. C’est à cet instant qu’elle se destine à la guerre avec les chevaliers dragon…

Le livre a tout pour me séduire : un univers féérique, le déveleppoment entre les personnages qui est important, des dragons… Pourtant, ce ne fut pas gagné d’avance.

Illustration de Paolo Barbieri

En effet, les personnages sont souvent très stéréotypés, et le récit est parfois cousu de fil blanc… De plus, l’environnement où se déroule les personnages devient très fréquemment secondaire, s’intéressant à la psyché du personnage par rapport à ça. Il y aurait pu y avoir de l’interaction, mais non, on s’intéresse plus à l’état d’âme du personnage.

Comme je ne vous le cache pas, la trilogie est bourré de clichés, mais aussi de bonnes idées.

Par exemple, Nihal sera la seule femme guerrière de tout le régiment et sera l’objet de sexisme et de racisme assez ouvert tout le long de son apprentissage. Le fait qu’aussi on n’accepte pas le destin que nous réserve nos parents (surtout le père) et que l’on suive sa propre voie. Dans un contexte assez critique, il peut apporter des messages importants à l’adolescent.

Illustration de Paolo Barbieri

Et c’est un peu pour cela que je le place dans mes coups de cœur : malgré ses défauts, il peut donner des réponses à un adolescent, même si c’est maladroitement fait, l’intention est là.

Pour ce qui est de l’histoire, elle reste assez basique : dans un contexte de guerre, seul quelqu’un d’élu peut sauver le monde (entre autre ici Nihal). Au final, le roman reprend l’idée d’un destin immuable pour ce qui est de l’élu, mais qui n’a pas été construit par Dieu pour changer, je vous laisserai découvrir qui.

J’attends toujours qu’un jour le héros ne soit qu’une aide à l’élu, si vous connaissez un roman qui en parle n’hésitez pas à me le dire dans les commentaires.

Pour ce qui est de l’auteure, il est clair que pour elle la fantasy est universelle et ne fait pas partie d’un pays en particulier. De plus, cette trilogie n’a pas été écrite dans l’optique de plaire aux adolescents à la base et apparemment il s’inspire même de Berserk pour l’univers sombre qu’il dépeint. Un univers où les ennemis peuvent vous tuer à tout instant.

Illustration de Paolo Barbieri

Il est clair que l’héroïne du roman manque à plusieurs reprises de succomber à ses blessures, mais c’est toujours des soutiens qui apportent l’aide nécessaire à sa guérison.

Malgré ce danger, je pense que la psyché profonde des personnages qui est développé permet cet accessibilité aux adolescents. Ce n’est pas tant l’univers qui est développé que les personnages qui évoluent au fil du récit : on passe d’une Nihal insousciente à torturée par l’ennemi principal du récit, qui se calme avec la découverte de son environnement. Sennar qui a eut l’enfance bercée par la guerre qui cherche des solutions à cela et part même mettre sa vie en danger pour apporter du renfort. Au final, le récit nous apprend le courage des héros pour faire avancer les choses dans la guerre.

Et finalement, la guerre n’est-elle pas une métaphore du tumulte de la vie ? La question est à méditer, et je vous recommande de lire cette trilogie pour la curiosité de la lire.

Vala, fin de ce coup de cœur, n’hésitez pas à me dire dans les commentaires si vous l’avez lu et ce que vous en avez penser, moi je retourne dans mes lectures et vous dis plusch !

ALJ #02 – Le Petit Chaperon Rouge

Illustration de Jessie Willcox Smith, 1911

Il va être temps de parler du conte le plus populaire d’Europe, connu du monde entier, je vous parle bien sûr du Petit chaperon rouge.

On ne peut déterminer exactement l’auteur et la date exact du conte. Il faut rappeler que les contes au Moyen-Âge et au début de la Renaissance se racontaient par les vieilles personnes et de génération en génération. Du coup, on ne peut pas réellement les situer. Ce n’est que lorsque Perrault retrascrit ce conte que l’on lui attribue le mérite de l’avoir écrit. De même pour les frères Grimm.

Sans compter qu’il y a des interprétations différentes au conte : alors que le petit chaperon rouge se fait manger par le loup et point final chez Perrault, dans celui des frères Grimm, un bûcheron la sauve ainsi que sa grand mère tandis que le loup meurt. Si vous saviez les versions du Moyen Âge…

En effet, il y a différentes versions du petit chaperon rouge selon les époques, comme celle de Liège sur une petite fille de robe en laine rouge qui est protégée des loups grâce à cela, ou encore lorsqu’elle porte des chausses en fer blanc et promet de revenir quand ils sont usés. La rengaine est souvent la même cependant : une petite fille de rouge vêtue se fait avoir par un loup et se fait dévorer.

Le texte original de la petite robe rouge à Liège

C’est pas du tout glauque comme histoire, hein ? Attendez celle de La Belle au bois dormant.

En parlant de glauque, notez celle où le petit chaperon rouge bois et mange le sang et la viande de sa grand-mère, avant d’entrer dans le lit avec le loup. Charmant, non ? Pourtant, je ne suis pas là pour parler que des versions glauques. Les versions plus contemporaines à nous sont toutes aussi impressionnantes, allant de l’humour pour se moquer du méchant loup, à des plus spectaculaires, comme la version chinoise qui fonctionne comme des ombres chinoises.

Le petit chaperon chinois, déplié

Non mais regardez moi ça, et ne dites pas que vous n’êtes pas bluffés par ce travail là !

On peut se demander la signification de la couleur rouge dans les habits de la chaperon : est-ce lié à sa sanglante destiné ? Est-ce lié à la sexualité naissante ? A la Pentecôte ? Ou à la tricolométrie des contes : rouge, blanc, noir ? Personnellement, je ne sais pas, donc je ne me prononce pas sur le sujet. Ce qui est sûr, c’est que cette couleur marque les esprits dès le plus jeune âge.

C’est même le conte le plus interprété dans l’album jeunesse en France, vous en trouverez pour tous les goûts : des drôles, des moins drôles, des magnifiques, des glauques, des classiques, bref, de tout !

Il existe même un roman pour adolescent qui raconte une version sanglante de cela, où les loups sont des prédateurs réellement dangereux qui prennent l’apparence humaine, et où on n’en échappe pas indemne quand on les chasse.

Enfin, des vraies bêtes dangereuses !

Mais que retenir réellement du petit chaperon rouge ? Sa morale visant à culpabiliser l’enfant face à sa bêtise de faire confiance aux inconnus ? La débauche qui tue l’innocence de l’enfant ? Le passage à l’âge adulte ? Personnellement, j’en retiens ses multiples facettes que les créateurs lui ont donné à notre époque. Parce qu’il n’y pas une histoire, mais des histoires de petit chaperon rouge. Et qu’importe ce que peut dire ceux qui pensent que ce n’est qu’une exploitation de marché, je trouve ça beau de trouver le petit chaperon rouge qui nous convient, selon notre âge et notre ethnie.

C’est bien beau de parler de notre petit chaperon rouge, mais au final, n’est-ce pas nos parents qui veulent donner une vision de cette petite fille vêtue de rouge dès notre plus jeune âge ? Pas si sûr…

Je pense qu’il est bon de rappeler que la littérature jeunesse s’adresse à tous les âges,et je vous invite à replonger dans ce conte dans ses différentes versions pour choisir l’histoire qui vous sied le mieux, et pourquoi pas le partager aux plus jeunes. Ils pourront ainsi eux aussi choisir leur version de ce conte et perpétuer le cycle, comme nos ancêtres.

Le petit chapron rouge n’a pas tout vu de Mar Ferraro

Voilà, c’est déjà la fin de l’article ! N’hésitez pas à laisser un commentaire en bas de page pour me dire ce que vous en avez pensé, moi je vous laisse et vous dis plusch !

ALJ #01 – Les gardiens de Ga’Hoole

Couverture du premier tome « Les Gardiens de Ga’Hoole », réalisé par Richard Cowdrey et Steve Scott

Un roman jeunesse peut être pédagogique tout en racontant une histoire, et je vais vous le prouver avec cette saga de quinze tomes que fut les gardiens de Ga’Hoole.

Ecrit par Kathryn Lasky, une américaine passionnée de chouettes et de hiboux, l’ouvrage se devait être un essai illustré par la photos de son mari. Mais comme ces animaux sont des espèces nocturnes et qui ne pointent pas souvent le bout de leur bec, elle décide de réaliser une fiction pour la jeunesse.

Et finalement ce n’est pas plus mal, car je vais pouvoir vous montrer l’importance de la pédagogie à travers ce roman.

Commençons par raconter le début de l’histoire. Soren est une jeune chouette effraie, qui, bousculé par son frère, se retrouve hors du nid et capturé par une pension dont il devra s’échapper pour ne pas devenir fou. La suite du récit racontera la légende du Grand Arbre de Ga’Hoole, qui combat le mal la nuit.

Jusqu’ici l’histoire est classique : on oppose les méchants aux gentils dans une guerre sans merci. Mais ce qui fait la force de ce roman, c’est sa pédagogie.

En effet, ce roman s’adresse aux enfants qui seraient curieux de savoir comment fonctionne le rythme de vie d’une chouette effraie par exemple. Mais pas simplement sous forme de documentaire animalier comme on pourrait s’y attendre. En effet, l’auteur va plutôt s s’appliquer à utiliser une chouette effraie très jeune qui découvrirait avec les autres rapaces nocturnes leur système de vie, tout en étant scénarisé. C’est une très bonne idée, car le lecteur peut s’identifier à la chouette et à s’attacher à elle, tout en apprenant plus sur ces animaux.

Il faut aussi rappeler que le bestiaire parlant dans la jeunesse contemporaine est très fréquemment utilisé, que ce soit pour faire une histoire moralisatrice (La Cigale et la Fourmi) ou une histoire rigolote (Le roman de Renart).

Alors que cette série de romans est une catégorie à part entière rien que pour ce procédé. Bon, ce n’est pas le seul non plus depuis le temps, mais rien que d’avoir proposé ce genre de pédagogie en fiction lui a valu quelques prix littéraire. Il est bon aussi de se souvenir que ce n’est pas que pour les enfants, les adultes peuvent se faire plaisir à le lire.

Parce qu’il faut rappeler que la plupart de la littérature jeunesse peut aussi apporter à l’adulte.

Artwork extrait du jeu vidéo Le Royaume de Ga’Hoole : Les Gardiens de Ga’Hoole dont je n’ai su trouver l’auteur

Même si le scénario est basique, il est honorable de noter qu’il y a une part d’univers qui s’est créé, et ce dans la partie fantasy. Créer des castes dans la faction Ga’Hoole, imaginer des armes en fonction des animaux… Cela contribue à développer l’imaginaire du lectorat. Et faire rêver est une chose primordiale dans tous les développements.

Là où des documentaires auraient simplement donné l’information, cette série de romans permet réellement de s’impliquer dedans tout en apprenant, et rien que pour ça je dis bravo.

Cependant, on peut noter que parfois les informations sont données de manières maladroites, ce qui peut entâcher le plaisir de lecture de certaines personnes.Mais on ne va pas cracher sur l’effort apporter par l’autrice pour mêler fiction et documentation. On notera aussi le comportement un peu naïf des personnages au début, qui apprennent petit à petit au fil du récit certes mais qui peut lasser le lecteur adulte.

C’est toujours le problème quand on est adulte : la suspension consentie d’incrédulité en jeunesse peut être facilement rompu. (Qu’est ce que la suspension consentie d’incrédulité ? En gros c’est quand tu te laisses happé par l’histoire sans noter les incohérences ou le caractère illogique de certains détails.)

Ce qui est important à retenir, c’est que cette série de roman se veut instructif sur ce qu’est ce rapace nocturne, tout en amenant un univers unique où les chouettes peuvent combattre le mal. Et rien que pour cela je vous recommande de lire ce livre, au minimum pour l’apport d’information qu’elle apporte, au mieux pour découvrir une histoire unique.

En ce qui concerne son succès, comme son autrice a gagné des prix, je vous laisse imaginer le nombre de ventes et le nombre de pays où il a été traduit. Et je ne parlerai pas du film qui en est découlé en 2010 avec un jeu vidéo en plus.

Artwork extrait du jeu vidéo Le Royaume de Ga’Hoole : Les Gardiens de Ga’Hoole dont je n’ai su trouver l’auteur

Voilà, c’est la fin de la première analyse, j’espère qu’elle vous aura plu, nous nous retrouverons dans le prochain article. D’ici là je vous dis plusch !