ALJ #04 – A la croisée des mondes

Couverture du premier tome de A la croisée des mondes

Il va être temps de parler de cette trilogie qui a fait fureur à la fin des années 90 et au début des années 2000, je veux bien sûr parler de A la croisée des mondes.

Cette saga en trois tomes de Philip Pullman raconte avant tout l’histoire de Lyra, avec son Daemon qui est une sorte d’alter ego animalier dont on ne peut se séparer dans son monde. Autant ceux des enfants changent constamment de formes, autant ils prennent leur apparence définitive une fois adulte. Elle rencontrera Will dans ses aventures, un garçon de notre monde et époque. Ensemble, ils voyageront de monde en monde.

C’est un peu à ce moment là que les mondes parallèles commencent à devenir populaire. Même s’il n’a pas eu le même succès qu’une collègue, Pullman reste content du succès qu’il a connu.

Il est dit que le Daemon représente la sexualité de l’enfant, mais pour moi c’est beaucoup plus profond que cela : cela représente son identité. Oui bon, l’aspect animalier du Daemon peut représenter le futur désir de pro-créer, mais je pense sincèrement que l’on peut se pencher sur la personnalité plutôt. En effet, sans son caractère, on n’existe pas (mort) ou on est très effacé (zombie). Et tout cela peut être dû à un traumatisme.

De plus, c’est à l’âge adulte qu’on s’affirme, qu’on affirme tout, même la sexualité.

Illustration de John Howe, représentant le royaume des Morts

Ce qui est important dans cette histoire aussi, c’est la religion. On ne peut nier l’Eglise, les Anges, etc, qui sont très présent dans cette trilogie. Pourtant, l’aspect athéisme n’est là que pour montrer la folie d’une religion ou d’une secte. Elle pousse à éviter le péché, et donc d’avoir une sexualité ou une personnalité. Il faut juste suivre les préceptes, point. Et c’est là que Pullman montre l’importance de ne pas les suivre à la règle, car sinon on perd une chose essentiel à nous même : la liberté.

Bon, évidemment quand le film dessus est sorti il y a eut des ravages du côté religieux : genre il faudrait pas le lire comme pour Harry Potter. Pourtant, la volonté de Pullman est de raconter une histoire et non de véhiculer un message anti-chrétien.

Maintenant, parlons du genre : est-ce de la fantasy ou de la science-fiction ? Pour Pullman, ce n’est clairement pas de la fantasy malgré toutes les allures qu’elle a, donc nous allons partir sur de la science-fantasy : les personnages évoluent dans de la science sous diverses formes selon les époques. Et bien évidemment ça ne plaît pas à tout le monde, surtout l’Eglise. Au point qu’elle domine sur la science pour la contrôler. Et même, la science n’est pas forcément bien non plus, et je vous laisse voir ça au tome 3.

Enfin, on pourrait parler longtemps dessus, mais je pense avoir donner les clés pour donner l’envie de le lire (si vous n’êtes pas croyants).

Et voilà la fin de l’article, n’hésitez pas à commentez pour dire ce que vous en avez penser, moi je vous laisse et vous dis plusch !

Image du film A la croisée des mondes : La boussole d’or

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ALJ #03 – Alice au pays des merveilles

Il faut que je vous parle de ce conte qui a fait le tour du monde entier avec cette petite fille qui découvre un pays de gens aux pensées loufoques, je parle bien sûr d’Alice au pays des merveilles.

Qui ne connaît pas ce conte de Lewis Carroll, inventé pour une petite fille du même prénom ? Que vous l’ayez connu par film ou par livre, c’est devenu un incontournable de l’imaginaire collectif. Pourtant l’écrivain ne le considère pas comme une œuvre majeure de sa vie, lui qui est avant tout mathématicien et qui rédige des thèses dans son domaine.

Comme quoi, le hasard fait bien des choses.

Mais que retenir exactement du conte ? Tout d’abord, il faut rappeler qu’il s’agit d’un livre collectif, où les jeunes filles de Monsieur Liddell sont intervenus oralement sur le conte, avant d’être mis à l’écrit par le professeur. Ensuite, il y a la confrontation entre la logique d’Alice et la folie du monde qui l’entoure. Je me demande si ce n’est pas une métaphore pour dire que la société dans laquelle on vit n’a pas de logique et suit les mots qu’elle préfère au lieu de se résoudre à la logique…

Personnellement je l’interprète comme ça, mais vous êtes libre de ne pas être d’accord.

Illustration de John Tenniel

Par contre, je ne parlerai pas de la supposé pédophilie de cet auteur à cause de clichés sous entendus. Si l’auteur avait voulu qu’Alice soit un objet désirable, il l’aurait tourné autrement, comme c’est expliqué dans Le Maître des livres. Alice est représenté comme une petite fille intelligente et non comme une petite fille mignonne sans cervelle. Elle est exaspéré par le monde où elle a atterit, qui est un peu la société représentée par ses personnages ridicules. Cependant, elle ne se laisse pas faire et essaye de résoudre les problèmes qui n’aboutissent jamais à une réponse.

C’est la logique mathématicienne contre la folie du monde.

Cependant, il faut rappeler que tout part du hasard du récit, qu’il n’y a pas de logique scénaristique, juste l’imagination débordante du professeur et des jeunes filles. Je n’ai fait qu’interprêter, et non pas dire la vérité. Vous êtes libre de lire les autres analyses du conte et de l’auteur.

Oui, je reste pragmatique sur ma manière d’analyser.

La dernière chose que je dirais sur ce conte est la suivante : l’imagination est une chose vraiment fantastique en matière d’improvisation, et les livres telle qu’Alice au pays des merveilles est la preuve que l’on peut construire de tout à partir de n’importe quoi.

Illustration de John Tenniel

ALJ #02 – Le Petit Chaperon Rouge

Illustration de Jessie Willcox Smith, 1911

Il va être temps de parler du conte le plus populaire d’Europe, connu du monde entier, je vous parle bien sûr du Petit chaperon rouge.

On ne peut déterminer exactement l’auteur et la date exact du conte. Il faut rappeler que les contes au Moyen-Âge et au début de la Renaissance se racontaient par les vieilles personnes et de génération en génération. Du coup, on ne peut pas réellement les situer. Ce n’est que lorsque Perrault retrascrit ce conte que l’on lui attribue le mérite de l’avoir écrit. De même pour les frères Grimm.

Sans compter qu’il y a des interprétations différentes au conte : alors que le petit chaperon rouge se fait manger par le loup et point final chez Perrault, dans celui des frères Grimm, un bûcheron la sauve ainsi que sa grand mère tandis que le loup meurt. Si vous saviez les versions du Moyen Âge…

En effet, il y a différentes versions du petit chaperon rouge selon les époques, comme celle de Liège sur une petite fille de robe en laine rouge qui est protégée des loups grâce à cela, ou encore lorsqu’elle porte des chausses en fer blanc et promet de revenir quand ils sont usés. La rengaine est souvent la même cependant : une petite fille de rouge vêtue se fait avoir par un loup et se fait dévorer.

Le texte original de la petite robe rouge à Liège

C’est pas du tout glauque comme histoire, hein ? Attendez celle de La Belle au bois dormant.

En parlant de glauque, notez celle où le petit chaperon rouge bois et mange le sang et la viande de sa grand-mère, avant d’entrer dans le lit avec le loup. Charmant, non ? Pourtant, je ne suis pas là pour parler que des versions glauques. Les versions plus contemporaines à nous sont toutes aussi impressionnantes, allant de l’humour pour se moquer du méchant loup, à des plus spectaculaires, comme la version chinoise qui fonctionne comme des ombres chinoises.

Le petit chaperon chinois, déplié

Non mais regardez moi ça, et ne dites pas que vous n’êtes pas bluffés par ce travail là !

On peut se demander la signification de la couleur rouge dans les habits de la chaperon : est-ce lié à sa sanglante destiné ? Est-ce lié à la sexualité naissante ? A la Pentecôte ? Ou à la tricolométrie des contes : rouge, blanc, noir ? Personnellement, je ne sais pas, donc je ne me prononce pas sur le sujet. Ce qui est sûr, c’est que cette couleur marque les esprits dès le plus jeune âge.

C’est même le conte le plus interprété dans l’album jeunesse en France, vous en trouverez pour tous les goûts : des drôles, des moins drôles, des magnifiques, des glauques, des classiques, bref, de tout !

Il existe même un roman pour adolescent qui raconte une version sanglante de cela, où les loups sont des prédateurs réellement dangereux qui prennent l’apparence humaine, et où on n’en échappe pas indemne quand on les chasse.

Enfin, des vraies bêtes dangereuses !

Mais que retenir réellement du petit chaperon rouge ? Sa morale visant à culpabiliser l’enfant face à sa bêtise de faire confiance aux inconnus ? La débauche qui tue l’innocence de l’enfant ? Le passage à l’âge adulte ? Personnellement, j’en retiens ses multiples facettes que les créateurs lui ont donné à notre époque. Parce qu’il n’y pas une histoire, mais des histoires de petit chaperon rouge. Et qu’importe ce que peut dire ceux qui pensent que ce n’est qu’une exploitation de marché, je trouve ça beau de trouver le petit chaperon rouge qui nous convient, selon notre âge et notre ethnie.

C’est bien beau de parler de notre petit chaperon rouge, mais au final, n’est-ce pas nos parents qui veulent donner une vision de cette petite fille vêtue de rouge dès notre plus jeune âge ? Pas si sûr…

Je pense qu’il est bon de rappeler que la littérature jeunesse s’adresse à tous les âges,et je vous invite à replonger dans ce conte dans ses différentes versions pour choisir l’histoire qui vous sied le mieux, et pourquoi pas le partager aux plus jeunes. Ils pourront ainsi eux aussi choisir leur version de ce conte et perpétuer le cycle, comme nos ancêtres.

Le petit chapron rouge n’a pas tout vu de Mar Ferraro

Voilà, c’est déjà la fin de l’article ! N’hésitez pas à laisser un commentaire en bas de page pour me dire ce que vous en avez pensé, moi je vous laisse et vous dis plusch !

ALJ #01 – Les gardiens de Ga’Hoole

Couverture du premier tome « Les Gardiens de Ga’Hoole », réalisé par Richard Cowdrey et Steve Scott

Un roman jeunesse peut être pédagogique tout en racontant une histoire, et je vais vous le prouver avec cette saga de quinze tomes que fut les gardiens de Ga’Hoole.

Ecrit par Kathryn Lasky, une américaine passionnée de chouettes et de hiboux, l’ouvrage se devait être un essai illustré par la photos de son mari. Mais comme ces animaux sont des espèces nocturnes et qui ne pointent pas souvent le bout de leur bec, elle décide de réaliser une fiction pour la jeunesse.

Et finalement ce n’est pas plus mal, car je vais pouvoir vous montrer l’importance de la pédagogie à travers ce roman.

Commençons par raconter le début de l’histoire. Soren est une jeune chouette effraie, qui, bousculé par son frère, se retrouve hors du nid et capturé par une pension dont il devra s’échapper pour ne pas devenir fou. La suite du récit racontera la légende du Grand Arbre de Ga’Hoole, qui combat le mal la nuit.

Jusqu’ici l’histoire est classique : on oppose les méchants aux gentils dans une guerre sans merci. Mais ce qui fait la force de ce roman, c’est sa pédagogie.

En effet, ce roman s’adresse aux enfants qui seraient curieux de savoir comment fonctionne le rythme de vie d’une chouette effraie par exemple. Mais pas simplement sous forme de documentaire animalier comme on pourrait s’y attendre. En effet, l’auteur va plutôt s s’appliquer à utiliser une chouette effraie très jeune qui découvrirait avec les autres rapaces nocturnes leur système de vie, tout en étant scénarisé. C’est une très bonne idée, car le lecteur peut s’identifier à la chouette et à s’attacher à elle, tout en apprenant plus sur ces animaux.

Il faut aussi rappeler que le bestiaire parlant dans la jeunesse contemporaine est très fréquemment utilisé, que ce soit pour faire une histoire moralisatrice (La Cigale et la Fourmi) ou une histoire rigolote (Le roman de Renart).

Alors que cette série de romans est une catégorie à part entière rien que pour ce procédé. Bon, ce n’est pas le seul non plus depuis le temps, mais rien que d’avoir proposé ce genre de pédagogie en fiction lui a valu quelques prix littéraire. Il est bon aussi de se souvenir que ce n’est pas que pour les enfants, les adultes peuvent se faire plaisir à le lire.

Parce qu’il faut rappeler que la plupart de la littérature jeunesse peut aussi apporter à l’adulte.

Artwork extrait du jeu vidéo Le Royaume de Ga’Hoole : Les Gardiens de Ga’Hoole dont je n’ai su trouver l’auteur

Même si le scénario est basique, il est honorable de noter qu’il y a une part d’univers qui s’est créé, et ce dans la partie fantasy. Créer des castes dans la faction Ga’Hoole, imaginer des armes en fonction des animaux… Cela contribue à développer l’imaginaire du lectorat. Et faire rêver est une chose primordiale dans tous les développements.

Là où des documentaires auraient simplement donné l’information, cette série de romans permet réellement de s’impliquer dedans tout en apprenant, et rien que pour ça je dis bravo.

Cependant, on peut noter que parfois les informations sont données de manières maladroites, ce qui peut entâcher le plaisir de lecture de certaines personnes.Mais on ne va pas cracher sur l’effort apporter par l’autrice pour mêler fiction et documentation. On notera aussi le comportement un peu naïf des personnages au début, qui apprennent petit à petit au fil du récit certes mais qui peut lasser le lecteur adulte.

C’est toujours le problème quand on est adulte : la suspension consentie d’incrédulité en jeunesse peut être facilement rompu. (Qu’est ce que la suspension consentie d’incrédulité ? En gros c’est quand tu te laisses happé par l’histoire sans noter les incohérences ou le caractère illogique de certains détails.)

Ce qui est important à retenir, c’est que cette série de roman se veut instructif sur ce qu’est ce rapace nocturne, tout en amenant un univers unique où les chouettes peuvent combattre le mal. Et rien que pour cela je vous recommande de lire ce livre, au minimum pour l’apport d’information qu’elle apporte, au mieux pour découvrir une histoire unique.

En ce qui concerne son succès, comme son autrice a gagné des prix, je vous laisse imaginer le nombre de ventes et le nombre de pays où il a été traduit. Et je ne parlerai pas du film qui en est découlé en 2010 avec un jeu vidéo en plus.

Artwork extrait du jeu vidéo Le Royaume de Ga’Hoole : Les Gardiens de Ga’Hoole dont je n’ai su trouver l’auteur

Voilà, c’est la fin de la première analyse, j’espère qu’elle vous aura plu, nous nous retrouverons dans le prochain article. D’ici là je vous dis plusch !